PARIS INTERIEUR(E)(S)
2018 - PRESENT
A l’orée des néons naissent les artifices. De nos envies de boulevards découlent les lignes vives. Paris, royaume des pop-stars anonymes, est bouffée par la dalle d’une nouvelle empreinte. La photographie, hybride des choix et des vides, lui tolère seulement le regard. Pourtant pressées de disséquer, les formes définitives cessent de questionner les notions pour consommer les espaces. Ne reste plus qu’à trancher les aplats et décaler d’un temps le réel, pour qu’elle paraisse. Ici, les tronçons de voies vives détiennent nos secrets esthétiques.

Ils l’avaient déjà compris. Les corbeaux luttant contre les ombres n’ont pas conscience des défunts pour épier autant ceux qui restent. Les voici dans les angles, à cheval sur les morts, entre les vivants, hantés par la totalité des existences dissoutes dans le ventre du monde. Le temps leur refuse même l’ancre des souvenirs. Ils ne portent, parmi les divinités, aucun regard sur les jeunes filles fragiles, celles que nous voulons en danger pour ne pas accepter leur règne sur nos idoles désuètes. Les dangers semblent s’agglomérer aux mythes paternels. Mais les femmes mettent à mal la violence des loups et à chacune d’entre elles, les oiseaux chuchotent « Toi qui sur le néant, en sais plus que les morts. »…

Voici maintenant le temps, comme éloge du langage à nos systèmes reproduits. Il n’est pas une trame mais l'ensemble des corps confondus avec l’existence, parmi ceux dont nous rêvons et ceux qui s'évanouissent. Ils agencent les vestiges d’une construction nouvelle. Les lumières sans regrets sont là, leurs ondes nous envahissent encore. Des premières familles naissent les échos des clans nouveaux.

Au temps de l’étau, la mélancolie allait de l’avant, comme obstacle à la réception de la beauté. La voici lueur à l’exercice de sa recherche.

De toute part, nos enfances.

Il s’agit à présent d’accepter d’entrevoir les nuits défiler, les éclats d’artifices nous faisant encore signe. Les paradis perdus sont des leurres dressés contre l’oubli et l’apaisement ne demeure pas plus dans nos archives trop lointaines que dans le présent, dans l’immédiate incarnation des murs.

Car les lieux nous sont offerts.

NOTICE

La série emprunte son nom à Paris. La ville est à la fois un point de départ, un prolongement et un écho aux représentations mouvantes qui composent cet ensemble. Dans un premier temps, cinq séries segmentées par leurs formats, leurs significations et leurs degrés d’intimité viennent, chacune, suggérer différentes approches visuelles de la ville. Parfois incarnées par un lieu, par une restitution matérielle et graphique ou un sentiment d’appartenance personnel, chacune de ces branches peut s’interpréter individuellement, dans l’espace et dans les changements constatés dans le temps, depuis que cette ville m’imprègne. Par la suite, d’autres séries viendront s’agglomérer au récit. Articulées autour d’un texte central, cet ensemble d’images hétéroclites peut aussi se construire de manière globale dans une structure narrative infiniment renouvelable.

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